Dans un monde d'illusion a été créé le Firefly Mansion, pour corps et âmes perdues.
 

brin brulé — vie d'un eustache malheureux (uc)
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Date d'inscription : 26/03/2018

Message posté le : Lun 26 Mar - 20:32


M. Eustache

Funambule
Présentation -

Nom : M.
Prénom : Eustache.
Surnom : Afin de garder un anonymat nécessaire avec ses activités professionnelles, il se doit d'utiliser divers pseudonymes.
Âge : Vingt neuf ans.
Espèce : Démon (de l'enfer).
Sexe : Masculin.
Orientation sexuelle : Pansexuel.
Nationalité : Américaine.
Rang : brin brûlé
Rune : Θ — Clairvoyance.
Perso sur l'avatar ou lien vers l'artiste : i c i (provisoire?)

Pouvoir : Alors que ces yeux vairons peuvent parfois interloquer, l'un noir et l'autre rouge, Eustache a développé l'étrange pouvoir d'endormir les gens. Dégageant ainsi la mèche de cheveux masquant l’œil sanguin, plongeant son regard dans celui de sa cible, cette dernière s'affaisse sans bruit.
Psychologie -
nye
Physique -

            C’est une grande tige qui, s’il n’avait pas connu les entraînements incessants, serait malingre et maladive : peau pâle luit faiblement sous le soleil, bien que ses vêtements d’obsidienne mangent toute lumière. Le corps noueux se déplace silencieusement, dans un chuintement peu perceptible à l’oreille humaine, et qu’il cherche toujours à rendre plus discret encore. Ses longues jambes se plient et s’étendent avec quelques facilités, bondissent et réceptionnent sans se préoccuper du vent, du sol, ou de lui — le haut, le bas, que de concepts. S’il n’est pas si grand qu’il y paraît, la tromperie vient de ses membres longs dont la souplesse a été gagnée durant bien longtemps. Cette enveloppe de chaire témoigne d’une force discrète, d’une rigueur aux épreuves que le teint de porcelaine dément : ne dirait-on pas un enfant, une poupée, sous ses traits figés ? Quelle dualité ! Car rien ne serait plus ignorant que de l’associer à l’une de ces créatures innocentes : les traits fins, certes, mais prisonniers à jamais d’une colère palpable, sous cette surface d’albâtre qui se fissure. Un nez droit, des pommettes hautes, des lèvres charnues ; rien qui ne soit transcendant, mais tout qui puisse l’être. Beau, à quoi bon ? Il n’est là pour un spectacle qu’il ne désire voir — cacher son visage, cacher ses yeux, voilà cachée son âme, au trou béant qui se déverse sans peine dans les ridules de sa jeunesse. Il ne soucie d’une apparence qu’il sait vaine, bientôt ses traits seront déformés par les ans, ainsi est-ce peut-être pour cela qu’il laisse ses cheveux pousser au grès de ses envies ? La chevelure d’ombre dissimule son front, les mèches ondulent sur ses tempes, caressent ses oreilles, mais parent également ses yeux d’un sombre voile. S’il ne coupe pas plus court mais qu’il peut attendre que les longueurs s’allongent jusqu’à toucher ses épaules, c’est qu’il s’agit d’une nécessité : faire taire ces yeux qui parlent trop. L’un, noir, reste souvent silencieux bien qu’est parfois sujet à quelques bousculements,  mais l’autre, rouge, hurle sa haine sans ménagement. Il devrait les chérir, pourtant voilà la plus belle preuve qu’il n’est pas un homme parmi les hommes : il refuse, se débat, mais ils le soumettent à une vérité plus certaine que ses désirs.
Histoire -
             La poussière qui roule sur le sol est portée par un soupir las : six ans, et déjà perçoit-il la fin de cette ère, avec l’une de ces clairvoyances que l’esprit léger, et voilà si lourd, d’un enfant possède. Ses mèches sombres cachent ses yeux sans doute aucun, ses petites mains foulent le bois de cette table ronde, sur laquelle la lumière décline jusqu’à se perde. Son souffle pressent l’horreur nouvelle, sa tête s’échappe de travers, et ce petit pied mignon tape le parquet sans colère ni remord — ou bien ?
             L’homme, ou quoi qu’il soit, en face de cette bouille encore tendre, a la peau sèche qui caille sur la croûte de quelques cicatrices. C’est un visage qu’il n’oublie pas, avec une grimace amère, des yeux enfoncés, si enfoncés dans ce crâne rasé que l’on pourrait jurer qu’ils cherchent à disparaître, ou tout du moins se refusent à voir. L’enfant se souvient en avoir été dégoûté, parce qu’il y a quelque chose de laid dans cette chaire rocailleuse, mais aussi parce que le dos voûté s’affaisse sous le monde, et les doigts crochetés cherchent sans cesse un larcin invisible. Il se rappelle avoir pensé que cet homme voulait certainement voler la vie qui l’avait quitté — mais le fait est qu’elle s’accroche à lui depuis trop longtemps. Dur il lui est de penser que sa jeunesse en est réduite à cet homme que rien ne rattache à son monde ; l’enfant aimait la liberté que l’orphelinat lui procurait, ce malgré la gouvernante plus austère encore que l’homme, et désormais il n’a plus que le regret de ce jardin jaune ou de ce sol sale. L’ordinaire lui manque aussi, pense-t-il dans un coin reculé, et peut-être n’aurait-il pas voulu savoir pourquoi son œil est si rouge.
             Mais voilà l’enfant devenu jeune homme, et l’homme reste homme — pour combien d’années encore ? — et l’Oregon n’est plus qu’un vague souvenir perdu, emportée avec lui la poussière de la bâtisse. Seule la vérité reste ; et l’ardeur, et la haine. Il ne connaît plus la faim, mais il connaît toujours les coups, bien que la nature de ceux-ci ait changé : désormais, il ne s’agit plus que d’apprentissage, d’une recherche d’un absolu en soi comme en autrui. L’homme instruit, le jeune se tait. Mais écouter ne lui suffit pas, et il lui est nécessaire de devenir un acteur de sa propre émancipation : la lecture, la méditation, l’exercice de la pensée marquent ses journées comme les armes marquent sa peau. Il y a une même régularité chaque jour de cette période, que les passions de l’esprit empêchent de faner, avec à chaque heure un seul but. Il se sait guère homme mais il se sait également piégé dans cette condition humaine, une prison aux murs bravant les époques et les instants : enfant, ce furent la faim et la solitude, jeune, ce sont la conscience et l’existence. L’absurdité de la vie humaine lui vient avec une simplicité toute déroutante, à la fois détaché de cet étourdissement constant qui bourdonne et à la fois impliqué dans ce malaise sans fin qui ballonne. Il connaît la vérité de l’homme qui n’est pas, vérité qu’il partage, mais cela ne l’abstient d’avoir grandi comme un humain parmi les humains — ainsi le voilà avec ces doutes, qui dureront mille années encore, condamné à souffler un brasier sempiternel sur ses affres mortelles.

             La routine se brise précipitamment avec le meurtre de l’homme, puis laisse comme un trou béant dans cette tête déjà vide : le jeune devient alors homme à son tour, bien que n’ayant rien connu qui ne soit les armes, les livres et les silences. Il y a quelques années d’errance, où il se perd facilement dans les méandres d’une vie triste et sans goût qui ne soit celui, amer, du doute. L’ancien homme ne lui aura laissé rien de tendre, si ce n’est un savoir immense et un cabinet où de nombreux cartons s’empilaient : une fouille, des semaines abandonnées à la lecture de ces notes griffonnées sur des carnets. Il acquiert ainsi un couteau, manche gravé, dont il ne se sépare jamais, qu’il emporte comme gage de ces années passées sous une tutelle de fer. Le carnet, quant à lui, contient un important réseau de noms et de lieux, tous décrits avec une précision effroyable, et qui mènent l’homme à une singulière place — pavés froids sous les pieds perdus, serment scellé sans mots. Une nouvelle routine s’installe, son désir de connaissance s’y trouve brûlé, en même temps que les principes et les justices, et sa vie prend le goût des contrats et de l’encre rouge. L’entraînement qu’il a reçu prend son sens, lui permet de s’élever parmi les meilleurs tueurs, et de rejoindre quelques sphères dissimulées dans ce monde de fureurs. Là, parmi les jeux d’ombres, l’homme trouve une lumière que jamais il aurait cru connaître : une femme, une femme ordinaire en apparence, mais une femme d’élégance, aux yeux vifs et à l’esprit agile. Elle se glissait sur cette Terre avec la grâce de ceux qui n’y appartiennent, et il a été aisé pour l’homme de tomber dans ses pièges : quelques années, et le voilà marié. Mais pour ces gens dont les principes ont été dévorés, il n’y a rien de tel que la tendresse, seulement un vide pesant dans un étourdissement constant, que les ordres simples dissipent ; alors,  l’ardeur des sentiments se perd au milieu des passions de cette organisation, prisonnière de quelques secrets accords. Ainsi l’homme achève la lumière, dans le regret et le remord.
             Les pas soulèvent la poussière de ces sols inconnus — marcher, tête baissée, fuir ces ombres malveillantes qui, comme lui auparavant, n’ont rien à perdre et tout à gagner. Pèlerinage vers le repos ?


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Date d'inscription : 01/03/2018

P'tites infos
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Message posté le : Mer 28 Mar - 19:40
Aleeeeeeeex love
Je suis trop contenteeee !
Bon je te l'ai déjà dit mais je te le redis ballon
Re bienvenue aussi et bonne chance pour ta préz si tu as des question, I am here!


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brin brulé — vie d'un eustache malheureux (uc)
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