Dans un monde d'illusion a été créé le Firefly Mansion, pour corps et âmes perdues.
 

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Une rencontre étoilée | Ft. Rubi

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Ven 11 Mai - 5:02

Une rencontre étoilée

L’horloge sonnait minuit, tandis que la lune, elle, continuait à dominer le ciel. Le temps lui importait peu, elle était faite pour éclairer les nuits sombres, celle sans lumière. Ça ne présageait rien de bon, ça annonçait une variation dans ce monde qui t’était encore inconnu. C’était la première fois depuis ton arrivée que tu apercevais la lune, tu commençais à perdre espoir. Tu ne savais pas réellement ce que tu ressentais, de la joie ou alors de la peur ? Tu craignais le drame, les étoiles te semblaient bien affolées.

Tu serpentais les couloirs ténébreux, souhaitant quitter le manoir au plus vite. Tu dévalais les escaliers, le cœur battant, tu devais vite quitter cet endroit pour rejoindre les jardins mystérieux. Le parquet grinçait sous tes pas, formant une symphonie sordide. Les gens devaient te prendre pour une folle, mais au fond, ce n’était pas grave, tu ne tuais personne, bien au contraire. Ce lieu ne pouvait être parfait, seul le paradis l’était. Il cachait donc son côté sombre, peut-être que la nuit était ce côté sombre que tu recherchais.

La porte était ouverte, il ne te restait plus qu’à la franchir. Tu détaillais vaguement l’horizon, avant de t’enfoncer plus loin dans le noir. Tu suivais le chemin que t’indiquait les lucioles, avec une allure modérée, tu t’étais précipité alors qu’il n’y avait pas de raison de l’être. Tu soupirais, qu’est-ce que tu pouvais être idiote. Tu ne connaissais déjà pas cet univers et tu souhaitais découvrir sa face masquée, quelle belle ironie !

Tu contemplais le sol, qui même la nuit, était changeant, toujours en mouvement, telle une vague dans l’océan. Il n’y avait qu’une chose qui te chagrinait dans ce monde, le fait qu’il que tu n’avais croisé que des lucioles et pas d’autres espèces vivantes. Les animaux n’avaient-ils pas leur place en ce lieu ? Là, entre les saules chantants, tu ne comprenais vraiment pas la logique de ce monde, enfin si seulement il y en avait une.

Après une bonne demi-heure de marche, un lac se dessinait devant toi. Il reflétait le spectacle sous un angle différent, rendant le tout encore plus magnifique que la réalité. Le monde où tu étais actuellement fonctionnait peut-être de la même manière, ce n’était que le miroir parfait de la réalité, un faux paradis. Tu t’accroupissais près de l’eau, plongeant une main dans l’eau froide. Non, tout ceci était bien véritable, tu ressentais la matière, le fluide était le même que sur terre, alors ou était la faille. Tu sortais ta main du fluide bleuté, t’écartant de ce qui te rapprochait de la réalité. Tu te prenais sûrement trop la tête avec cette histoire, il n’y avait certainement rien à comprendre.

Tu restais à proximité du lac, guettant les environs un moment, avant de t’allonger sur l’herbe fraîche. C’était agréable d’être à l’extérieur à une heure si tardive, même le vent glacial te paraissait agréable. Ça te rappelait l’ancien temps, des jours heureux, comme malheureux. Tu souriais, c’était une époque révolue. Le présent était plus important que le souvenir d’hier et tu avais toujours pensé ainsi. Ton don ne te permettait pas non plus d’influer sur le passé, mais uniquement le présent. Sauver des gens, tu en avais sauvé combien ? Beaucoup trop, il t’était impossible de ressasser. Tu te souvenais uniquement de leur gratitude à ton égard, quand tu leur donnais l’espoir d’une vie heureuse, celle que toi, tu avais perdu depuis bien longtemps. Mais bon, les autres passaient avant toi, tu avais perpétuellement fonctionné ainsi et ça n’allait pas changer.

Dans les nuits étoilées je te voyais.
Si cruellement tu m’embrassais.
Tes lèvres un monde magique.
Ton ciel entièrement accroché avec des bijoux.
La lune tueuse.
Viendra bientôt.


Tu n’avais pas résistée à l’envie de chanter, le passé t’avais inspiré, sanglant il avait été. Tu avais tant perdu, mais la terre avait tant gagné. Personne ne t’acclamait pour autant, ton seul cadeau avait été la mort de l’être que tu chérissais plus que Dieu lui-même. Mais tu n’avais pas le droit de connaître le plaisir. Tu étais simplement un objet servant les plus grands, du moins tu l’étais. Car maintenant tu étais libre, tu avais le droit de choisir, d’aimer, de vivre comme n’importe quel être.

Crac


Un bruit venait briser le silence de la nuit. Tu te relevais en sursaut, sillonnant l’horizon de tes prunelles bleutées. Tu n’avais pas rêvé, quelqu’un venait de marcher sur une branche non loin de là. Tu étais prête à te défendre en cas de danger, les mains légèrement en avant. Qui pouvait bien rôder à une heure pareille ?

« Montrez-vous ! Je sais qu’il y a quelqu’un ! »

Ta voix restait douce, malgré le contexte. Après tout, tu n’étais pas méchante.


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Sam 12 Mai - 22:15
Après avoir exploré la bâtisse - seulement superficiellement car j'avais peur de ce qui aurait pu s'y cacher - il fût temps d'explorer ses alentours. L'inconnu de ce monde illusoire m'avait fait redécouvrir la peur primitive, l'instinct. Je commençais à avoir faim et soif, il me fallait de la viande et du sang. Bien que j'avais pu apercevoir un restaurant, je n'avais pas d'argent et encore moins l'envie d'en approcher ; du fait qu'il était presque désert et qu'il ne m'inspirait pas confiance.

  J'avais donc attendu le crépuscule pour m'aventurer dans la forêt. Comme une ombre furtive, je traversai le jardin et bondis entre les arbres... qui changèrent de forme durant mon saut, ce qui me valut de me heurter à un tronc de plein fouet. Endolorie, je me rappelai que j'étais dans une dimension parallèle, et que je ne devrais pas prendre mes aises si facilement. En effet, un regard circulaire autour de moi me démontra que tout changeait, bougeait, fondait ou s'évaporait. Je soupirai.
  Et peut-être même que je m'évanouissais, en fait. Au vu de la volumineuse bosse violacée sur mon front, le choc avait dû être plutôt violent.
  Tout ce que je sais, c'est qu'à mon réveil il faisait nuit noire. Pendant cinq minutes au moins, j'ai cru véritablement être morte. J'étais au bord d'un lac somptueux, éclairé par la lune, les étoiles et les lucioles. Il était si limpide que l'on aurait dit qu'il n'était d'un miroir bleuté posé au sol. Et autour du lac, les arbres étaient moins densément serrés, ce qui formait une clairière que je devinais verdoyante en plein jour. On aurait dit un rêve ou un paradis, une fiction, un nirvana perdu. Je me sentais comme si je venais de trouver un El Dorado sans or, mais qui contenait le secret de la tranquillité.

  Mon ventre vrombit doucement, mais je ne voyais aucun poisson qui troublait la surface, aucun mammifère qui aurait pu momentanément satisfaire mon appétit. Une bourrasque froide caressa mon corps, mais j'étais peu frileuse. Je pris quelques instants pour écouter le bruit de la forêt, fermer les yeux, essayer de distinguer les frissonnements de feuilles d'arbres, les envols des oiseaux. Ce que j'entendis fut plus surprenant... une mélodie. Qui venait de l'autre côté du lac.
  À la vue de la fredonneuse, je fus envahie par la tristesse. J'étais persuadée que c'était un ange qui m'accueillait dans le Néant, la Mort. Je n'ai pas fui chez moi pour cela.

  En fait... ma relation avec la mort est plus complexe. Elle fut un sujet d'angoisse et de crise pendant longtemps, un endroit dans lequel mon esprit se perdait, et je le sentais mourir à chaque fois qu'il y pensait. Je me sentais partir, je me faisais happer par l'idée du rien, du néant. Même pas un fond noir, même pas un fond blanc. Même pas une vie, une âme, une idée. Pas l'image d’yeux fermés. Le néant, rien que le concept du néant, est un trou noir qui m'a souvent aspirée. Souvent, j'ai voulu mourir. Il m'est arrivé de vouloir mourir si fort que je sentais que je mourrais, je me disais que peut-être je mourrais de tristesse, que c'était possible, que ce serait la preuve que l'âme existe. Je ne sentais plus mes membres, plus mes lèvres, mes yeux mi-clos égarés, mon cerveau incapable de se diriger vers quoi que ce soit.
  J'ai longtemps voulu mourir, amoureuse de la mort, désireuse du néant, du chaos, du Rien qui remplacerait l'horreur. Encore aujourd'hui je n'hésite pas à affirmer que j'aurais aimé que rien n'existe. Ni la vie, ni un début, ni quoi que ce soit. J'aurais aimé que tout ne soit que néant ; comme ça rien n'aurait été souffrance.
  Mais j'ai abandonné l'idée de me suicider. Pourquoi ? Je ne sais pas vraiment. Je me dis simplement que rien ne presse, et que même si la mort apaisera la souffrance éternelle de sentir mon corps se mouvoir et mon esprit penser, il est aussi important de ressentir, pour que le soulagement en soit plus grand.
  Aujourd'hui, je ne voulais pas mourir. J'avais décidé de croire une dernière fois en le pouvoir de l’espoir, en le monde. Je voulais un renouveau, un réel renouveau. Peut-être parce que je ne veux pas rejoindre ma mère tout de suite, il me faut le temps de faire quelque chose ici qui pourrait la rendre fière. Même si elle ne voit rien, n'entend rien... c'est juste pour moi. Un genre du but de ma vie.

  Crac.
Ma légendaire et vampirique furtivité faillit lorsqu'il est question de philosopher au même moment. 

« Montrez-vous ! Je sais qu’il y a quelqu’un ! » émit l'ange en réponse. Tiens, ce n'est pas comme ça qu'elle réagirait si elle était la réceptionniste du paradis. Peut-être que je suis encore dans une autre dimension.

"Bonsoir... Je suis un peu perdue, à vrai dire. J'ai mal à la tête, et j'ai vraiment très faim. Je suis désolée de vous avoir dérangée... c'était très beau."

J'étais vraiment en sérieuse hypoglycémie, je n'avais pas bu ni mangé depuis un certain temps. Fondu au noir, je m'écroule à nouveau au sol.
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Dim 13 Mai - 15:52

Une rencontre étoilée

Le cœur palpitant, tu lorgnais l’horizon grisonnant. Il avait changé de teinte, annonçant déjà la couleur de l'histoire. Mais à peine le temps d’une réflexion, qu’une voix non loin de là, brisait cette sombre vision. C’était celle d’une jeune fille que tu peinais à discerner dans cette masse obscure. Perdu ? Elle était perdue, c’était peut-être une ruse pour exploiter ta bonté d’ange. Mais tu abandonnais vite cette idée, beaucoup trop inquiète pour l’inconnue. Elle avait faim et t’avais même fait un compliment, elle ne pouvait qu’être gentille. Le temps d’analyse de cette information, se retournait contre toi. Car bientôt, ce qui te semblait une humaine tombait sur la terre.

Tu ne perdais pas une seconde pour te ruer en sa direction, affolé par ce qu’elle pouvait bien avoir. Un malaise peut-être ? Ou pire ? En tout cas elle t’avait ému. Tu la suivais, chutant à genoux sur le sol, plaquant immédiatement ton oreille à sa poitrine. Son cœur battait encore, tu laissais un soupir d’aise. Après un court diagnostique, tu comprenais que la brune était en hypoglycémie et que tu devais vite lui fournir quelque chose à ingurgité, mais quoi ? Tu serrais les dents, tu avais une idée, cependant, cela voulait dire aussi que tu devais la laisser seule, le temps d’aller chercher de quoi l’aider.

Tu soupirais, pas le choix, non tu n’avais plus le choix. Les yeux clos, tu usais de ton pouvoir. L’horloge du monde cessait de tourner, les bruits s’effaçaient, le monde se figeait. Il n’était plus animé, plus si complexe à d’écrire, il était devenu simple et clair. Tu t’engageais en pas de course dans la forêt, détaillant avec rapidité l’environnement autour de toi. Trois minutes plus tard, un pommier se dessinait devant toi. Tu plaçais tes deux mains, prête à cueillir deux d’entre elle. C’était un pari, si le paysage variait une nouvelle fois, tu devais dire adieu à l’arbre fruitier et à ses pommes. Tu te concentrais. Trois, deux, un, tu cueillais les pommes. Tu ne prenais même pas le temps de célébrer ta victoire, beaucoup trop préoccupé par les évènements. Ta tête était devenue un chrono, ou chaque seconde devenaient importante. Tu t’étais lancé dans une course effrénée, luttant contre ta limite corporelle. Tu finissais par déployer tes ailes, accompagnant la lune dans sa solitude.

Des pluies de larmes coulaient du ciel. Tu devais la sauver, tu n’avais pas le droit de laisser une autre personne mourir alors que tu avais les capacités de l’aider. Non, tu n’étais pas un être répugnant comme le disait ton père, tu étais resté toi. Tu descendais en piquer, pivotant à cent quatre-vingts degrés à deux mètres du sol. Mais tu avais oublié un détail, comment allais-tu lui faire manger ça. Tu posais la tête de la fille inconsciente sur tes genoux, inondant son beau visage de tes sanglots. Ta respiration devenait bruyante, sombrant peu à peu dans la panique. Tu étais comme tétanisé, tu t’étais précipité et c’était ce qui avait soldé ton échec.

La main lourde, tu prenais un bout de bois pointu qui traînait là, pour couper les pommes. La vision troublée, tu t’écorchais les doigts, exécutant des mouvements de plus en plus maladroit. Ton sang divin coulait jusqu’aux lèvres de l’inconnue. Tu étais pathétique, vraiment pathétique. Tu reposais délicatement la tête de la brune sur le sol, laissant les quartiers de pomme à ses côtés, avant de lui tourner le dos. Tu posais ta main ensanglantée sur ta poitrine qui te faisais souffrir, regardant le ciel. Même la lune s’était fait engloutir par les ténèbres, plongeant l’univers dans l’obscurité la plus total.

Que reste-t-il à dire ?
Ces prières ne fonctionnent plus.
Chaque mot descendu en flammes.
Que reste-t-il à faire avec ces pièces brisées sur le sol.
Je perds ma voix en t’appelant.

Parce que j’ai tremblé.
Je me suis penchée en arrière jusqu’à me briser.
En regardant tous ces rêves partir en fumée.


Ta voix était couverte d’émotion, transformant les points en des larmes. Tu chuchotais d’une voix non assurée.

« Je suis désolé… Je suis une idiote… Je n’ai pas pu te sauver. Luna souviens toi de ce prénom, c’est celle qui t’as laissé mourir, celle qui t’as abandonné à ton triste sort. Dieu avait raison, je n’ai rien d’un ange, je mérite d’être déchu. Ou c’est peut-être le prix à payer… Pour mes bêtises, mes futilités, mon égoïsme. Alors s’il te plaît, pardonne-moi, laisse-moi te guider jusqu’au paradis avec ma voix qui ne vaut plus rien. »

La solitude t’avait conduit à la folie, à ce monde rempli d’hystérie. Tu avais cru au changement, bien naïvement, mais tu devais résoudre ta peine dans les hurlements. Tu restais ainsi, les genoux au sol, le cœur fluctuent.

« J’aurais bien aimée faire connaissance avec toi… Tu n’avais pas l’air méchante bien au contraire. »


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Dim 13 Mai - 18:38
"Je suis désolée… Je suis une idiote…"

  Mes oreilles fonctionnaient à nouveau, le bruit de la Nature s'était tu pour laisser place à une voix.

"Je n’ai pas pu te sauver. Luna, souviens toi de ce prénom, c’est celle qui t’as laissé mourir, celle qui t’as abandonné à ton triste sort."

  Je ne pus ouvrir les yeux, mais ma peau détectait le liquide, mes lèvres se quittaient. Lentement les quelques gouttes tombaient, lentement ma langue les enlaçait.

"Dieu avait raison, je n’ai rien d’un ange, je mérite d’être déchu. Ou c’est peut-être le prix à payer…Pour mes bêtises, mes futilités, mon égoïsme. "

  Je me sentais portée par une énergie soudaine, pendant que je faisais glisser le sang du bout de ma langue sur mon palais ridé. Ce sang n'était pas plus sucré que les autres, il n'avait pas un goût bien différent, mais... il était plus pur. Plus revigorant. Il avait le goût des cieux. Je me sentis renaître.

"Alors s’il te plaît, pardonne-moi, laisse-moi te guider jusqu’au paradis avec ma voix qui ne vaut plus rien."

  J'eus l'impression d'être en plein déluge alors que je ne sentais rien d'autre que ma peau, mes papilles et mes oreilles. Des milliers d'averses, des tornades et des séismes, je me sentais comme si tout me tombait dessus. Mais en entendant ces sanglots, je compris que c'était simplement un grand malheur.

"J’aurais bien aimée faire connaissance avec toi… Tu n’avais pas l’air méchante bien au contraire."

  J'ouvris les yeux, enfin. J'étais à nouveau consciente. Je voyais une fille qui sanglotait et saignait, son corps et son esprit souffraient. Ma tête était parfois secouée, je compris que j'étais sur ses genoux. Mon cerveau commençait à interpréter les paroles qu'il avait pourtant entendu depuis une minute ou deux. 
  Luna... m'avait sauvée. Elle était une ange déchue, et elle pensait que j'étais morte par sa faute. Mais non, ce n'était pas ça, bien au contraire. Je vis sa détresse et voulut la consoler, mais seul un demi soupir s'échappa de mes cordes vocales. Elle me remarqua, mais j'avais besoin de plus de forces pour lui parler. Heureusement, mon pouvoir m'était resté fidèle et j'eus seulement à réunir les gouttes de sang éparpillées dans l'herbe pour les porter à ma bouche. L'effet fût cette fois-ci presque instantané.
  Il n'y avait plus de vent, plus de bruit.

"Merci Luna."

  Mes yeux, très adaptés à l'obscurité, fixaient ceux de Luna.

"Qui es-tu... ? Tu m'as sauvée. Ton sang a des propriétés folles qui m'étaient encore inconnues. Es-tu un ange ?"

  Je me rendis compte qu'il était peut-être inapproprié de parler de la qualité de ses divines hémoglobines en une telle situation, et je décidai de poursuivre en me redressant et en me mettant à genoux à côté d'elle.

"Excuse-moi... je suis une vampire. Je m'appelle Rubi, je te dois tout. Si je n'avais pas croisé ta route, je serais morte ici."

  Elle avait tenté de me nourrir avec une pomme, et je fus envahie de reconnaissance à cette découverte. Elle semblait tellement fébrile et malheureuse... 
  J'avais remarqué sa coupure qui saignait encore un peu. Je me mis à user de mon pouvoir pour que le sang cesse de couler hors de la plaie et reste dans son corps. Mais il fallait également que Luna tienne sa blessure pour que celle-ci puisse coaguler. Alors avec hésitation, j'entrepris de presser la paume de ma main contre sa coupure avec un sourire. Finalement, je décidai de la prendre brièvement dans mes bras afin de lui exprimer ma gratitude, maladroitement.

"Je... Merci beaucoup."

Oui, au final, ça résumait bien.
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Dim 13 Mai - 23:46

Une rencontre étoilée

Ces mots étaient inutiles. Ils n’avaient pas de valeurs, surtout lorsque tu les adressais à un mort. Tu le concevais, tu savais que tes paroles ne pouvaient pas faire revenir à la vie. Tu faisais sûrement cela pour assouvir ton égoïsme, tu n’étais plus un ange, mais un démon. Tu ne désirais que mort et destruction, tu ne faisais que mentir… Menteuse, tu étais une menteuse, tu ne voulais pas te l’avouer, alors qu’un cadavre se trouvait derrière toi, était-ce digne d’un ange ?

Un bruit venait interrompre tes sanglots. Tu venais de rêver, ça ne pouvait être réel, non, tu nageais en plein délire. C’était impossible, dieu t’avait écouté ? Il avait eu pitié ? Tu posais ton regard sur l’inconnue, affichant un visage choqué, qui ne savait plus quelles émotions afficher. Qu’avait fait la fille ? Conglomérer le cruor, pour ensuite l’ingurgiter. Tu n’avais jamais entendu parler d’un pouvoir pareil, encore le sang, certains vampires en consommaient, mais pas de cette manière. Tu écarquillais les yeux, qui était donc cette mystérieuse personne, tu voulais en savoir plus.

La fameuse brune s’exprimait, faisait taire tous bruits venant de l’extérieur y compris le vent. Elle te remerciait, vraiment, pour si peu. Des larmes de joie grimpaient jusqu’à tes prunelles, tu n’en revenais pas, toi qui étais en train de te torturer. Mais à peine le temps de te remettre de tes émotions, que la personne reprenait son discours. Elle te posait des questions basiques, voir étonnantes pour quelqu’un qui venait de se réveiller d’un malaise. Tu apprenais qu’elle aimait le sang, elle avait même deviné grâce à cela ta race. Tu voulais lui retourner ses paroles, cependant tu en étais incapable. Parler était devenu impossible, tu étais en état de choc, restant là, l’observant. Tu notais tout de même ceci dans un coin de tête, dans l’optique de lui répondre plus tard.

L’étrangère semblait avoir compris que tu étais un peu perdu, elle se levait donc pour se hisser à tes côtés. Sa proximité venait apaiser tes craintes, tu pouvais maintenant la discerner dans son intégralité et surtout plonger ton regard dans ses iris cendrés. Tu comprenais enfin d’où venait son amour pour le sang, c’était un vampire, cela expliquait beaucoup de chose. Elle avait un prénom plutôt original, Rubi, ce n’était pas commun, mais faisait allusion à une pierre magnifique. La brune finissait son discours par des louanges à ton égard.

Tu affichais un sourire angélique, tu ne t’étais pas trompé, c’était vraiment une bonne personne. Alors que tu allais la remercier pour les gentillesses qu’elle exprimait à ton égard, Rubi soudainement, t’enlaçait. Tu adoptais un visage étonné, avant de te détendre et de profiter de l’instant. Tu plaçais toi-même tes bras autour d’elle, profitant de sa chaleur. Ce n’était pas désagréable, bien au contraire, si tu le pouvais, tu serais resté ainsi toute ta vie. Tu laissais couler tes larmes, cette fois-ci de joie, frottant le dos de la vampire chaleureusement. Celle-ci t’exprimait une nouvelle fois sa reconnaissance, néanmoins cette fois tu balayais ta tête de la droite vers la gauche avant de lui répondre d’une voix emplie d’émotions.

« Non, non, ne me remercie pas. C’est normal pour un ange de venir aider les personnes dans le besoin. Alors c’est plutôt moi qui devrais te remercier de m’avoir consolé ainsi. Je ne mérite pas autant d’amour. Mais, c’est tellement agréable… Merci Rubi. »

Tu nichais ton visage à son cou, avant de lui murmurer quelques mots.

« Sinon, moi, qui suis-je ? Tu as dû entendre mon discours de toute à l’heure. En réalité je suis un ange déchu et je m’appelle Luna Walker. J’ai été banni du cercle des anges, car j’ai enfreint une des lois fondamentales. J’ai aimé, chéri un être, je me suis trop rapprochée de l’humain… Puis de souvenir les anges et les vampires ne sont pas censé se détester ? J’ai cru avoir lu ça dans un livre, comme quoi le sang divin repoussait les vampires. Mais bon ce n’est pas bien grave, maintenant je suis déchu, alors je peux assouvir ta soif, si besoin. »

Tu laissais un petit ricanement t’échapper. Puis après un court instant, tu la libérais enfin de ton emprise. Tu regrettais déjà cette chaleur, mais c’était égoïste de la garder trop longtemps près de toi. Une idée te traversait l’esprit, tu n’avais pas fini ton travail. Toujours en face de Rubi, tu penchais légèrement ta tête vers la gauche pour laisser ton cou bien exposé. Tu plissais les yeux, lui adressant un énième sourire.

« Je ne veux pas te revoir faire une hypoglycémie, alors ne te prive pas. Tu peux prendre autant de sang que le souhaite, je sais que tu t’en mords les doigts, ne te retiens pas. Ça ne me dérange pas promis, ça m’apaiserait même de te voir rassasié… »

Tu plongeais ton regard pastel dans ses prunelles. Tu voulais lui rendre son excès de gentillesse, puis rien ne te garantissait qu’elle n’allait pas refaire un malaise, alors c’était préférable de faire cela.


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Sam 19 Mai - 22:03
Luna m'écoutait et me regardait avec attention, les larmes perlaient encore aux coins de ses yeux. Je crois même qu'elle continuait à pleurer, de joie cette fois. Pétrifiée, elle buvait mes paroles déblatérées, et lentement un sourire d'ange sur ses lèvres se dessinait. Je l'enlaçai et son regard bleu s'illumina.
Cette étreinte nous réchauffa dans le froid de la nuit, tous comme nos bras qui utilisaient leurs forces réduites par la tristesse passée pour frotter le dos de l'autre.

L'ange me dit alors qu'elle ne méritait nul amour, d'un ton grave. Que ma sauveuse n'était pas digne de reconnaissance, mais que c'était mon cas à moi. Moi, Rubi, qui n'avait rien fait d'autre que de m'écrouler devant elle, qui avait les mains tâchées métaphoriquement de sang, alors que les siennes étaient divines. Peut-être déchues, mais pour des raisons stupides, j'en étais sûre. On ne déchoit pas une telle âme, une telle innocence, un tel altruisme.
On ne déchoit pas un ange assez bon pour sauver des misérables vies meurtrières sans valeur.

"J’ai été banni du cercle des anges, car j’ai enfreint une des lois fondamentales. J’ai aimé, chéri un être, je me suis trop rapprochée de l’humain…"

Évidemment, j'en étais sûre. Le cercle des anges s'amusait à gâcher les vies des leurs, pour des raisons telles que l'amour véritable. À croire que c'était pire là-bas que chez les vampires.

"Puis de souvenir les anges et les vampires ne sont pas censé se détester ? J’ai cru avoir lu ça dans un livre, comme quoi le sang divin repoussait les vampires."

J'eus un sourire ironique. Je n'avais jamais croisé d'ange avant elle, peut-être que j'aurais bel et bien été morte si jamais elle n'avait pas été déchue. C'était quand même triste que ce qui lui gâche l'existence ait sauvé la mienne.
Je me rendis compte que je commençais à ressentir de la rancœur pour ceux qui avaient blessé mon ange gardien, cette femme fragile qui me contait son histoire dans mes bras. En tout cas, peut-être étais-je censée la détester, mais je l'aimais beaucoup.

"Mais bon ce n’est pas bien grave, maintenant je suis déchu, alors je peux assouvir ta soif, si besoin."

...Quoi ?
Luna se retira doucement et, avec son sourire toujours aussi chaleureux, me tendit son cou. Elle me promit que cela ne la dérangerait pas, et qu'elle voudrait de bon cœur ne plus me voir affamée.
J'hésitais vraiment. D'un côté, je n'avais pas de source de nourriture en cet endroit inconnu, cette offre était donc précieuse. De l'autre, la vampiriser alors qu'elle était dans tous ses états me posait problème... je ne voulais pas abuser d'elle. Je décidai finalement de la mordre, mais le plus minutieusement possible.

"Luna... J'accepte, je te remercie infiniment pour ça. Je ne vais presque rien te prendre, promis, je n'ai besoin que de quelques gouttes. Et ça ne devrait pas te faire plus mal qu'un vaccin, mais demande-moi d'arrêter si tu as trop mal."

Je me penchai vers les veines que son cou laissait apparentes, avant de m'arrêter dans mon geste.

"Au fait, je ne sais pas si tu as déjà eu un vaccin, en tant qu'ange. Enfin, tu verras. Merci encore."

Mes canines se plantèrent doucement dans sa peau pâle, peu profondément. J'eus un pincement au cœur quand je sentis sa chair se crisper un peu. En fermant les yeux, j'absorbais son sang ; et quelques cinq secondes plus tard je me retirai. Luna et moi étions à nouveau assises au sol, face à face, je pressais son cou de ma main droite pour stopper la petite hémorragie.

Mon corps s'était endurci, je voyais mieux dans l'obscurité, j'étais certes un peu fatiguée mais aussi revigorée. Je regardai l'ange déchue et lui sourit amicalement.

Je culpabilisais assez, il y avait toujours des larmes sur le visage de la blonde. D'un air penaud, je m'excusai de l'avoir dérangée, et lui promis :

"Je te rendrai le service que tu viens de me faire."
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Dim 20 Mai - 16:37

Une rencontre étoilée

Tu discernais l’hésitation, Rubi hésitait, en avais-tu fait un peu trop ? Tu n’en savais rien, mais tu n’avais pas trouvé d'autre alternative pour apaiser sa faim. Ça ne devait pas être commun qu’une personne se laisse mordre de son plein gré, ou alors c’était désagréable pour elle, car il s’imaginait être un monstre. Tant de possibilités, c’était sûrement pour ça qu’elle oscillait, le bien, le mal ? Pourtant, tu te portais garant pour te faire mordre, alors pourquoi ? Tu n’allais pas lui en vouloir, au contraire c’était du donnant-donnant.

La vampire se résolvait finalement à accepter ta requête. Tu soupirais, heureuse de pouvoir l’aider une nouvelle fois. Puis tu étais toi-même curieuse de savoir la sensation que procurait la morsure d’un vampire. Tu avais lu beaucoup d’écrits qui traitaient du sujet, mais tu voulais avoir ton propre avis. Ça ne devait pas faire si mal, c’était juste des crocs enfoncés dans la chair.

Tu hochais la tête pour rassurer la jeune fille, calmant aussi ta nervosité. Ton cœur palpitait, Rubi approchait de ton cou, tu fermais les yeux prête à découvrir l’inconnu. La voix de la brune parvenait une nouvelle fois à tes oreilles, elle avait raison tu n’avais jamais fait de vaccin. Tu n’étais d’ailleurs jamais tombée malade, était-ce réservé aux humains ? Tu n’en savais rien, il n’y avait jamais eu de réelle étude sur les anges, comme ils étaient classés comme fantastique.

Alors que tu étais perdue dans tes pensées, une vilaine sensation te traversait. Tu te cambrais légèrement, avant de te relâcher. Le début était un peu douloureux… mais la suite était magique, tu te sentais transporter dans un autre monde. Tu en devenais même accro, car lorsque la vampire retirait ses crocs, ton corps était déjà en manque. La chaleur redescendait, tes forces se vidaient et ton regard divaguait. Tu plaçais une main devant ta bouche, pour taire les mots que tu pensais tout haut. Cette envie intense, d’où venait-elle.

Rubi brisait le maléfice, pressant sur ta plaie. Tu soupirais, avant de plonger tes iris dans les siennes. Elle souriait, c’était là, la récompense. Tu lui rendais, heureuse d’avoir pu lui apporter ton aide. Mais ça ne durait qu’un court tant, comme toute chose, ce moment avait une fin. Tu percevais sa mélancolie, pourquoi ? Car elle se sentait monstre, car elle croyait avoir abusé de ta bonté ? Si elle savait, si seulement elle connaissait ton passé.

Lors de ses mots, tu plaçais une main derrière ta tête, ébouriffant tes cheveux. Tu étais confuse, te rendre la pareille ? En soit, elle t’avait appris quelque chose, tu n’avais rien de plus à lui demander, quoique. Ton attitude trahissait ta gêne, jouant avec tes index, cette idée était vraiment stupide. Tu tentais une première fois, toutefois aucun mot ne passait ton larynx. Tu rougissais, forçant sur ton visage.

« Je… J’aimerais que l’on soit amie alors ! Ce n’est pas un service... mais voilà ! »

Tu expirais bruyamment, tu étais idiote, l’amitié ne se quémandait pas, c’était une réalité. Tu ne laissais même pas à la brune, le droit de réponse, que tu déployais tes ailes. Tu voltigeais au-dessus de la rive, les yeux clos. Après un moment de folie, tu te posais enfin, laissant Rubi se remettre du spectacle. Tu la prenais contre-toi, ne lui laissant pas le choix. Tu la déposais au sommet d’un saule, calmant ta folie.

« La vue est plus jolie d’ici… »


Ces mots n’avaient pas de sens, surtout dans ce contexte. Tu reprenais alors, formulant différemment ta requête.

« Je ne sais pas réellement ce que le mot ami représente mais… Je pense que les amis peuvent s’aider sans retour ? Et j’aimerais bien t’aider sans avoir nécessairement une compensation. »

Elle allait te prendre pour une folle, d’abord tu lui exposais quelque chose de bizarre, puis tu faisais quelque chose de bizarre et… Tu te prenais trop la tête, c’était ça le problème. Tu te posais à côté d’elle, détaillant l’horizon.

« Dis Rubi, tu faisais quoi avant d’arriver ici ? Pourquoi avoir suivi le chemin vers l’inconnu, tu n’avais rien à perdre ? »

Avec le temps, tu avais compris certaines choses, ou du moins tu avais abouti à des théories. Les gens qui arrivaient ici, étaient tous rattachés d’une certaine manière. Rubi était peut-être elle aussi solitaire par le passé ? Qui savait…


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Ce qu'il faut savoir
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Lun 21 Mai - 18:25
En m'éloignant du cou de Luna, je vis qu'elle était en transe, ou presque. Tout son corps indiquait qu'elle en voulait encore, elle retenait ses lèvres avec sa main, elle se retenait de me supplier de la mordre encore.
Je connaissais bien cet effet. Il m'était arrivé, en trente-sept ans d'existence, de mordre plusieurs proies sans les tuer ensuite. Au début, c'était par pitié, puis cela s'est raréfié et je ne le faisais que lorsque je devais prendre la fuite... Car je m'étais rendue compte qu'elles devenaient dépendantes aux morsures, et qu'elles mouraient à petit feu.

  La première à subir ce sort fut une jeune femme humaine de vingt ans environ, c'était il y a quinze ans. Elle fumait une cigarette sur un balcon, au troisième étage d'un immeuble de Glasgow. De mon côté, je chassais avec un camarade. Nous avions vu la proie au même moment, et un regard complice avait suffit pour qu'on se mette à bondir sur l'immeuble. En un clin d’œil, je m'étais jetée sur elle pour étouffer ses cris et la mordre. Mon compère vampire, pendant ce temps, était entré dans l'appartement et le fouillait à la recherche d'argent ou d'autres personnes à attaquer. Il trouva une autre jeune femme, allongée nue dans un lit ; qui devait être la petite amie de celle que j'attaquais. Il la mordit, mais elle eut le temps de crier de peur ou de rage. Les voisins allaient commencer à s'affairer pour comprendre l'origine du cri, et nous ne pouvions pas nous permettre de nous faire repérer. Alors, je quittai la femme dont je buvais le sang pour tuer l'autre, qui mourut quelques secondes plus tard. Pendant ce temps, la fumeuse gisait, et ça tambourinait à la porte d'entrée. Estimant que la femme encore en vie serait trop sonnée pour se souvenir des événements ou être prise au sérieux, je m'enfuis aussi vite que possible avec mon camarade.
  Cette traque avait été un échec critique, nous avions à peine pu nous ressourcer et nous avions failli nous faire prendre. Pour couronner le tout, à peine une semaine plus tard, je croisais la survivante en pleine forêt. Elle portait une tunique d'hôpital, et semblait avoir marché des lieues. En me voyant, elle pleura de joie et me demanda de recommencer à la mordre. Elle insistait, insistait, j'avais le cœur brisé. Au bout d'un moment, je mis la main sur la plaie de son cou. En une minute, elle semblait revigorée, et libérée de sa dépendance. Elle s'endormit, et j'en profitai pour la porter jusqu'à la lisière de la forêt. Cette nuit là, j'avais sangloté pour la première fois depuis très, très longtemps.

  Cela m'avait appris deux choses : les morsures de vampires pouvaient créer des effets de dépendance (même sur les anges déchus, apparemment) qui pouvaient être neutralisés par la main du vampire mordeur.
  Luna, pendant ce temps, semblait me sonder et comprendre pourquoi j'étais réticente à la boire en premier lieu. Lorsque je lui dis que je voulais lui rendre son service, mon interlocutrice devint très hésitante. Elle se frottait la nuque puis se mit à parler... ou pas. Elle rougit. Cette scénette me fit sourire, et amusée, je me demandais ce qu'elle avait derrière la tête. 

« Je… J’aimerais que l’on soit amie alors ! Ce n’est pas un service... mais voilà ! »

  J'ouvris la bouche pour réponse avec un rire que j'étais ravie d'accepter, mais Luna expira fort, ce qui me coupa dans mon élan. Puis tout se passa très vite : j'étais serrée contre elle, aux ailes déployées, et un courant d'air nous fit nous envoler, mes cheveux plaqués en arrière, mes yeux écarquillés, le lac étincelant, la forêt en-dessous de nous, puis un saule. J'étais au sommet d'un saule, avec un ange, comment ma vie a-t-elle pu changer à ce point en quelques jours ?

« La vue est plus jolie d’ici… »

  J'étais sonnée et décoiffée, mais totalement d'accord. On voyait mieux le ciel dégagé, les étoiles et l'eau immobile, c'était vraiment un cadre génial à partager avec une amie. 

« Je ne sais pas réellement ce que le mot ami représente mais… Je pense que les amis peuvent s’aider sans retour ? Et j’aimerais bien t’aider sans avoir nécessairement une compensation. »

  Maintenant qu'elle le disait, je réalisais que je n'avais jamais eu de vraie amitié. Je connaissais la camaraderie, la solidarité et l'entraide, j'avais grandi et vécu de nombreuses années avec certaines personnes... auxquelles j'avais pu m'attacher, c'était vrai. Mais je ne pouvais pas me confier, avoir confiance, ou même rire, sauf en de très rares occasions.
  Luna me témoignait son envie de partager un tel lien avec moi, et j'étais vraiment touchée. Je n'avais pas encore réagi, si ce n'est par une expression d'étonnement. Je me mis à la scruter, alors qu'elle s'était assise à côté de moi et qu'elle regardait l'horizon.

« Dis Rubi, tu faisais quoi avant d’arriver ici ? Pourquoi avoir suivi le chemin vers l’inconnu, tu n’avais rien à perdre ? »

  Alors ça y était... nous étions vraiment amies.
  Je pris un temps pour répondre, mon cerveau avait trop d'informations en attentes à traiter : j'ai une amie, j'ai volé avec un ange, elle m'a sauvé la vie.

"Évidemment que je veux être ton amie, Luna." finis-je pas dire avec un sourire.

  Il n'y avait plus vraiment besoin d'en rajouter, je sentais déjà une grande complicité entre nous. Je me résolus alors à répondre à sa question :

"Avant, je ne faisais que survivre. Du coup, j'avais plutôt à gagner. Enfin... je ne pensais pas atterrir dans un tel lieu, mais je voulais fuguer de chez moi."

  Je restais assez distante quant à mon passé. Ma nouvelle amie était une ange, certes déchue, mais elle avait les mains bien moins sales que moi. Luna prendrait peur si je lui disais tout, encore plus en sachant que je l'ai mordue.

"Mon entourage était un peu tordu, alors je les ai semés dans la forêt. J'ai du courir trop longtemps, parce que j'étais déjà dans cette dimension bizarre quand je me suis arrêtée."

  L'ironie du sort me faisait sourire doucement. Je lui retournai alors la question :

"Et toi, tu faisais quoi ?"
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Mar 22 Mai - 16:07

Une rencontre étoilée

À force d'observer ce paysage changeant, tu divaguais, pour finalement t'égarer dans tes pensées. Sombre, elles étaient, tout ceci te donnait envie de pleurer, mais pas cette fois. Ton passé était une page tournée, que tu avais tournée et maintenant, tu n'étais plus seule. Tu avais Rubi avec toi, à la même hauteur, bien que des années vous espaçaient, elle était ton amie pour toujours. Oui, elle était gravée dans ton cœur et même si elle en venait à t'oublier, ton sang coulait à présent dans ses veines. Alors tu souriais, balançant tes jambes avec constance.
 
Tu tournais la tête dans sa direction, ses mots étaient énoncés avec clartés, ne montrant même pas une once d'hésitation de sa part. Son sourire, venait briser les dernières craintes auxquelles tu tenais depuis des années. Gênée, tu tournais la tête, rougissant à profusion. Tu laissais un petit soupir de joie t'échapper, suivi d'un sourire qui exprimait la sincérité. Une amie ? En avais-tu déjà eu une ? Tu n'avais jamais eu de tel sentiment, alors c'était surement la première. Ce monde n'était pas si mal au final, il te faisait rencontrer de bonne personne, ou du moins il t'avait aidé.
 
Beaucoup d'émotion en si peu de temps, la méditation était déjà au programme de demain. Tu n'avais pas hâte, car ce qui signait un nouveau jour, signait un arrêt de celle-ci et tu voulais rester ainsi toute la vie. Quelle belle ironie, toi tu étais immortel mais pas elle, quoique, les vampires l'étaient non ? Tout ceci était encore abstrait, un nouveau sujet qu'il te fallait creuser. Tu avais le temps pour ça, l'éternité, si ça ce n'était pas assez. Tu voulais pouffer de rire, mais ce n'était pas nécessaire, tu étais accompagnée, tu devais donc bien te comporter, surtout avec elle.
 
Tu te contentais de l'écouter, après tout c'était toi qui avait posé des questions. Ça t'intéressait de mieux la connaitre, pourquoi ? Sûrement pour mieux la comprendre, pour l'aider si son antécédent était trop sanglant. Elle répondait vaguement, tu le sentais, mais ce n'était pas plus mal, elle voulait te protéger, tu le savais. Alors, tu l'avais laissée parler, survivre, tout ça dans un milieu qui semblait alambiqué. Rester cachée, fuir l'humain, enfin que son regard, car c'était sa nourriture. En tout cas, Rubi n'était pas arrivée ici par hasard.

Les lèvres jointes, tu restais à l'ouïr accompagné d'un visage morose, elle avait dû en voir de toutes les couleurs. La pauvre, si seulement tu l'avais rencontrée avant... Non, ça n'aurait rien changé, puis les si ne servait à rien, mise à part se morfondre.

Tu te mordais les doigts, prête à faire un petit commentaire pour briser l'ambiance devenue pesante. Mais c'était à ton tour, elle voulait savoir et c'était son choix. Tu prenais un peu de temps, baissant les yeux, que dire c'était si long. Enfin non, c'était juste, ce que tu faisais avant de venir, mais pas plus. Tu prenais une grande inspiration, avant de commencer.

« Je voulais d'abord te dire... que ton passé était touchant, j'espère que tu as trouvé ce que tu cherchais ici ! Et si jamais c'est trop lourd pour toi, je t'aiderais à le porter »

Tu affichais un sourire angélique, avant de reprendre un visage statique et vide.
 
« Alors moi, j'ai vécu dans la solitude durant une centaine d'années. J'ai perdu foie à ce que je chérissais et j'ai pris du temps à me rendre compte que ce n'était pas uniquement de ma faute. Sinon avant, je travaillais dans une église, j'étais la parole de Dieu. »

Tu marquais un temps d'arrêt, reprenant ta respiration.

« Puis j'ai vu une lumière au fond d'une forêt. N'ayant rien à perdre, je m'y suis aventuré et je me suis retrouvée ici, dans un monde sans logique fixe. »

Tu prenais la main droite de Rubi entre les tiennes, fermant les yeux, tout en te tournant pour lui faire face.

« J'ai ensuite rencontré une magnifique fille au bord d'un lac, mourante, j'ai décidé de l'aider. Et me voici, face à celle-ci, sa main dans les miennes, mes yeux dans sien. C'est comme un rêve, mais encore au-delà de l'imaginaire. »

Tu t'étais lâchée, laissant ton coeur s'exprimer. Tu regardais maintenant les cieux étoilés accompagné par son éternel astre brillant. Le vent chantait tes louanges, portant avec lui une douce mélodie. Tes cheveux se laissaient emporter par la brise, dévoilant leurs beautés à toute la forêt.

Si tu regardes au loin, il y a un manoir sur la colline,
Guidant comme un phare vers un endroit où tu seras.
Sûr de sentir la grâce, parce que nous avons tous faits des erreurs.
Si tu as perdu ton chemin.

I will leave the light on.

Tu te courbais légèrement en arrière, avant de reprendre tes esprits. Tu dessinais une mine inquiète, grimaçant, c'était la première fois que tu chantais devant quelqu'un.

« Je suis désolée... Je me suis laissé emporter. »



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