Dans un monde d'illusion a été créé le Firefly Mansion, pour corps et âmes perdues.
 

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Sombres lumières (pv Eustache)

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Ce qu'il faut savoir
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Jeu 28 Juin - 11:15

 
   
Sombres Lumières...

   
Feat Eustache & Orwell

   

   
Cela faisait plusieurs fois qu'Orwell se rendait dans cet étrange manoir obscur. Ici, il était mieux que de l'autre côté, plus seul, moins aveuglé par la lumière et la souffrance, loin des autres.
Mais ce qui était d'autant plus étrange, c'est que, d'un autre côté, il se sentait plus seul que jamais dans ce manoir à l'envers. Tout cela était bien paradoxal, pourtant, c'était exactement ce qu'il ressentait. Et plus le temps passait (si, du moins, le temps existait en ces lieux étranges), plus il se demandait si c'était réellement une bonne idée de se rendre aussi souvent de ce côté-ci.

Les pas d'Orwell l'avaient guidés pour la première fois jusqu'au toit, sans qu'il n'en ai réellement eu l'envie pourtant. Mais lorsqu'il parvint jusque là, il ne regretta pas d'avoir suivi ses intuitions tant la beauté qui régnait en cette infime obscurité était immense. A l'instant même où il se retrouva là, tout en haut du monde, il sentit une bouffée d'air et de liberté l'envahir comme jamais il ne l'avait ressenti avant.
Dans ces ténèbres engloutissantes, les lucioles dansaient, comme à leurs habitude, mêlées à d'étranges lueurs semblables aux aurores boréales du Grand Nord, toutes ces sombres lumières chancelaient, se mouvaient sur un fil imaginaire, penchant parfois d'un côté plus que l'autre, comme si toute chose matérielle avait disparue, comme si le monde revenait à la plus pure de ses origines.

Orwell retrouva ses esprits un instants, avança prudemment sur les tuiles glissantes et alla s'asseoir tout au bout du toit, laissant ses pieds pencher dans le vide, pouvant presque sentir le néant lui effleurer les jambes. Il frissonna, impressionné par ce magnifique et terrifiant paysage, à la fois incroyablement bien et immensément mal. Il ne s'était jamais senti aussi étrange, pire encore qu'à l'intérieur du manoir obscur. Ici, plus rien n'existait. Il ne contemplait plus ni la vie, ni son monde à lui, ni le monde tout court. Il ne contemplait que cet immensité infinie, vide et riche à la fois, essence même de sa propre conscience et du monde qui l'entourait. Le feu-follet frissonna une seconde fois, sans savoir encore si cela était une bonne idée de rester ici à scruter ces sombres clartés, ces paysages lointains et proches, ces choses qui n'avait ni conscience, ni matière. Elles existaient simplement, et Orwell finit même par s'oublier lui-même un instant.

A présent, il pouvait presque voguer parmi ces lumières, il n'était plus un être matériel, il était simplement. Cette sensation ne dura guère, et ses pensées le ramenèrent à la raison. De nouveau il sentit les tuiles sous son postérieur, il senti ses mains, son coeur, l'étrange brise contre sa peau. Il était de nouveau lui, mais il se sentait légèrement, très légèrement différent. Comme si, en quittant son corps quelques secondes, il avait perdu quelque chose et gagné autre chose. C'était une sensation étrange mais qui ne lui déplaisait pas, bien au contraire. Orwell se sentait bien à présent. La paysage l'avait accepté et il avait accepté le paysage. C'était ainsi. Orwell esquissa un sourire, et laissa ses yeux glisser sur ces lumières vagues, tandis que des lucioles s'approchaient curieusement de lui, voletant autour, s'éloignant un peu parfois par timidité. Le jeune garçon ne bougeait plus, il respirait à peine, de peur d'effrayer les petites créatures. Il se sentait en harmonie avec elles, et pour la première fois, il ne laissa pas son propre imaginaire l'envahir. Il n'en avait que faire, il était si bien ici que tout le reste n'avait plus aucune importance.

-C'est si beau...

Le feu-follet venait de murmurer ces paroles, sans même s'en rendre compte. Lui qui avait pourtant l'habitude de ne jamais parler pour ne rien dire de très constructif, il avait laissé ses paroles sortir seules, elles aussi voulant se perdre dans ce décor sans fin, dans cette brusque lenteur, dans ce silence assourdissant, dans cette lourde légèreté.

Orwell ne s'était jamais senti aussi libre et aussi prisonnier à la fois. Il aurait tant aimé pouvoir toucher cette infinité, ces lumières, mais il ne pouvait pas. En simple observateur, il se sentait contempler sa propre essence, le point originel de toute chose. Ici, le temps n'avait plus d'importance, plus d'impact, et Orwell ne sentait pas les secondes défiler. Peut-être était-il là depuis quelques minutes seulement, peut-être depuis des heures, des jours, des mois, des années, il n'en savait rien mais il ne s'en moquait guère. Plus rien n'avait d'importance à présent et il sentit pour la première fois à quel point sa piètre existence n'avait pas d'intérêt, ni de réelle valeur comparée à ce qu'il découvrait à ce moment-là.

Orwell était face au commencement, et à la fin de toute chose.
   
   
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Ce qu'il faut savoir
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Mar 3 Juil - 0:23




Sombres lumières —

orwell & eustache

Neuf jours, depuis neuf jours toute âme croisant son chemin avait ce grand privilège que de rester parmi les vivants, depuis neuf jours le voilà plongé dans une léthargie un peu bancale, guère actif et ne sachant comment y remédier. Il avait, bien entendu, continué ses assouplissements du matin et du soir, par une habitude prise il y avait longtemps, mais il n’en tirait plus le simple plaisir qu’il pouvait en avoir auparavant : l’entretien de son corps, l’idée d’être sa propre arme, d’apprendre à trancher, tout ceci n’avait plus d’importance – il ne serait dire ce qui en avait désormais, pourtant si son esprit demandait repos, son corps quémandait l’exercice. Étrangement, il avait réalisé que la marche sans but avait apaisé ces besoins si bien que sa tête ne pensait ou que ses membres ne souffraient, et dans cette réalisation déroutante de simplicité il en avait tiré la conclusion que la marche sans but était ce qui l’éloignait de l’homme, par conséquent d’eux puis d’elle aussi. Peut-être était-ce là, la véritable requête de son être ? d’oublier quelques moments, l’instant d’un jour ou l’instant de toujours, le visage d’obsidienne et les yeux d’ambre, oublier le maigre sourire ou la main légère, le corps découpé par la lumière de l’aube ? la certitude d’avoir accompli quelque chose ?

Seuls les hommes exécutent des exploits. Lui n’est pas humain, s’était rendu compte qu’il n’était pas plus homme que ce qu’il avait souhaité : quelle arrogance alors, de pouvoir penser avec tant d’insouciance qu’il n’y avait ne serait-ce qu’une once d’humanité dans cette crevasse ! Les mensonges avaient ce goût amer, seulement ils frappaient plus forts encore quand la comédie familiale y prenait part : il n’était plus là, mais Eustache remettait sa colère au démon qui lui avait servi de père durant si longtemps, l’ombre éparse s’allongeant sans paix sur lui et le dévorant tout entier. Jamais le démon n’avait osé le séparer de ces idioties d’humain, il l’avait même encouragé à poursuivre ses lectures, puis s’il se montrait froid, privé de pitié, il s’agissait simplement de mieux l’attendrir lors des quelconques marques d’affection données. Eustache s’en voulait, Eustache désirait s’absoudre de cette envie d’amour : comment le mériterait-il ? lui, aux mains méprisables ? lui, qui avait accepté pendant si longtemps de tuer sans en payer le prix, se pensant digne d’être un homme ?

Alors il avait marché, et la marche l’avait amené à quelque chose tandis qu’il ne voulait rien ; la marche lui plaisait dorénavant, parce que la marche l’avait conduit au manoir, en premier lieu, puis au calme – il n’avait rien d’homme quand il n’était qu’une bête, les membres se mouvant par une volonté machinale qui n’était sienne, l’esprit laissé dans quelques endroits au loin. Et la marche était devenu une habitude, depuis qu’il était ici, la marche apportait ce que les entraînements avaient apporté, la marche le libérait de sa condition et il se négligeait dans la mécanique de son corps. Ainsi, il ne lui fallut guère de temps pour passer ses journées à marcher, à errer, ouvrant des portes, visitant des balcons, s’arrêtant quelques instants dans quelques pièces, ne cherchant rien, s’épargnant jusqu’aux mots. Il ne se rendait pas bien compte de ses occupations réduites à la marche, et s’il ne savait où il allait, il ne pouvait également énoncer avec précision ce qu’il voyait. Il eut vite fait de se promener d’un manoir à l’autre sans même réaliser ce qu’il faisait, de la même façon qu’il n’avait questionné son arrivée dans un manoir, cette arrivée-ci ayant signé la disparition d’un monde d’hommes – cependant, il n’en avait pas assez conscience pour s’en réjouir. Pour autant, lorsqu’il arriva sur ce toit, après une énième porte ouverte, il eut comme un moment d’hésitation : sa tête arrêta de se balancer de son propre chef, ses jambes se stoppèrent alors que ses pieds glissèrent sur les tuiles, puis ses yeux observèrent le spectacle auquel il faisait face. Il n’eut d’abord pas de sensations, ni de pensées, il était un peu penché en avant alors ses cheveux se mêlaient à la vue, jouaient distraitement avec les lucioles ou les lueurs d’infini. Il se perdit encore, bien que cette fois il était immobile et que l’égarement ne dura que quelques courts instants, la stupeur brisée par un murmure de mots.

— C’est si beau…

Il baissa la tête, faisant disparaître les lucioles au profit des boucles d’encre, eut une seconde de léthargie où il ne savait que faire : la marche avait pris fin, et le voilà désormais démuni, de retour aux émotions ; mais les retrouvailles auraient pu être terribles, s’il ne s’agissait pas de celles éthérées de ce toit. Le chatoiement de lumière dans ce néant méritait l’absence de mots tant il appartenait à autre que l’homme.

Alors Eustache fut mécontent de voir cet autre être, posé sur les tuiles, qui osait, au même titre que lui, déranger le spectacle de l’éther par quelques disgrâces et présences inexcusables. Il sut qu’il ne méritait pas d’observer les jeux de lumière sans même s’y plonger, son regard n’avait été qu’une brève caresse mais il la savait suffisante pour être trop potelée et trop lourde sur la peau de l’immatériel ; ainsi comme cet autre s’y autorisait, avec toute l’ingénuité de sa position ? Eustache, protecteur et grand ambassadeur de ce qui n’est pas homme, se vit obligé d’intervenir : rejoignant l’importun de quelques pas, il posa un pied négligeant sur son dos et appliqua une pression abrupte.

— Qu’est-ce que tu fais-là ?

Il retira son pied, fourra ses mains dans ses poches, se recula un peu pour poser un regard critique sur l’individu.

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Ven 24 Aoû - 16:57

 
   
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Là, plongé dans ses pensées, plongé dans le monde, peut-être même plongé dans les pensées du monde, Orwell ne s'était jamais senti aussi heureux et léger. Mais malgré cette sensation qui l'enveloppait de tout son être, il ressentait comme un vide, un manque, quelque chose en lui qui était absent, comme s'il avait perdu cette chose pour toujours, là, dans les tréfonds de cet étrange paysage. Mais que pouvait-il avoir perdu ? Se perdait-il lui même ? Pourtant, il avait aussi l'impression d'être en train de se trouver et de se voir, là, en observant le décor défiler devant ses yeux hébétés. Tout cela n'avait rien de réel. Mais pour Orwell, c'était bien plus véritable que le réel lui même, comme si plus rien n'existait en dehors de ce qu'il voyait. Même le toit sur lequel il était assis semblait se désagréger sous son poids inexistant. Il avait l'impression de s'envoler et de tomber à la fois, d'aller là haut et de descendre au plus bas. Tout était paradoxal en lui et autour de lui. Peut-être Orwell se serait-il perdu pour de bon si quelqu'un ne vint pas le déranger et, par la même occasion, le sauver de cette étrange folie qui s'était emparé de lui.

Le feu-follet n'avait pas entendu l'intrus arriver, il était bien trop occupé à contempler ce qui s'offrait à lui. Ainsi sursauta-il lorsqu'il senti quelque chose s'écraser contre son dos et une voix peu bienveillante lui demander ce qu'il faisait là. Orwell se retourna lorsque l'homme enleva son pied et recula de quelques pas. Le jeune garçon frissonna et réfléchit un instant.

C'est vrai ça, qu'est-ce qui l'avait guidé jusque là ? Y était-il allé de son plein gré ? Orwell ne savait plus trop. Comme s'il avait oublié. Il dut faire un effort mémorable pour se souvenir de ce qu'il s'était passé avant qu'il n'arrive ici. Il avait décidé de se rendre dans le manoir obscur, pour s'échapper de la lumière et du monde qui régnait de l'autre côté. Puis... Ses pas ne lui avaient pas laissé le choix. D'ailleurs, il n'avait eu aucune envie d'aller sur le toit, il s'en souvenait à présent. Mais c'est comme si une force plus grande en avait décidé autrement, même si Orwell n'avait jamais cru en ce genre de force là.
Et peut-être ne valait-il mieux pas dire tout cela à cet homme peu commode qui lui faisait presque peur. Il finit donc par trouvé la réponse la plus simple possible. Il se racla la gorge, et finit par parler, d'une voix légèrement rauque. Depuis combien de temps n'avait il pas parlé ? Il ne savait plus trop, un certain temps en tout cas.

-Le hasard... Il m'a mené ici...

Orwell le dévisagea un instant, tout en essayant de rester discret. Il n'avait aucune envie de se faire écraser par ce démon car, assurément, s'en était un.
Son âge était assez difficile à déterminer, peut être vingt-cinq ans, quelque chose comme ça, peut être plus, il ne savait guère. Ses cheveux bruns et ses yeux verrons lui donnait un air sombre et mystérieux. Pour autant qu'il le sache, le jeune feu-follet ne l'avait jamais vu, mais peut-être se trompait-il. Il voyait en lui quelque chose de mauvais, mais quelque chose de bon aussi. Et puis, il voyait cette troisième chose, ce que le manoir lui avait apporté, comme tous les gens qui vivaient ici. Une chose qui n'était ni bien, ni mal. Cette chose là, Orwell n'aurait su dire ce que c'était exactement, mais il savait qu'il l'avait aussi en lui, comme si ces lieux offraient une nouvelle perception, ou une nouvelle identité.

-Et toi ? , finit-il par demander.

Il était curieux. Orwell aurait bien aimé savoir si l'homme qui se tenait devant lui avait ressenti la même chose devant ces paysages sans fin. Le jeune garçon risqua un coup d'oeil vers l'horizon, si toutefois il y en avait un, et se laissa de nouveau submergé par ces couleurs et cette obscurité lumineuse. Il se laissa transporta seulement quelques instant, puis reporta toute son attention vers son interlocuteur qui n'était probablement pas près de le lâcher.

   
   
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